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- Biographie dégradable
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René GIROT naquit le surlendemain de l'avant-veille du jour de sa naissance. On attendait une fille, mais ce fut un garçon et ceci se remarqua à la façon dont il mettait régulièrement ses doigts dans son nez. Sa famille l'assassina méthodiquement pendant plusieurs années, puis décida qu'il était un peu maladif. Alors il prit l'habitude de s'évanouir chaque fois que c'était nécessaire. On pourrait dire que son nerf vague lui donna un air vague. Après plusieurs années passées à entailler un bout de bois pour ponctuer le temps qui passe, il entra dans le monde adulte. C'était une grande pièce vide dont les murs étaient agités de spasmes. Plusieurs personnes le rencontrèrent mais il ne les vit pas : on lui avait appris à ne pas communiquer. Aussi se réfugia-t-il dans un mode d'expression à la fois solitaire, discret et silencieux. Il posa d'abord ses mains sur les parois des grottes : certains prétendent qu'aujourd'hui encore on peut voir son autoportrait sur un mur du diverticule axial de la grotte de Caslaux. Le Tibrish Museum s'enorgueillit d'avoir en sa possession une sculpture le représentant dans le département des antiquités égyptiennes. On le soupçonna d'avoir servi de modèle pour le visage de la Victoire de Masothrace mais nos connaissances actuelles ne permettent pas de l'affirmer. Les oeuvres qu'il réalisa durant le Moyen-Age sont détruites mais fort heureusement la Renaissance fut une période propice à sa créativité, comme l'auront prévu les lecteurs qui avaient remarqué la prédestination de son prénom. Fais halte ô voyageur qui en manque de beau Recherche avec ardeur la meilleure palette Tu as enfin trouvé ce qui hantait ta quête Ne cherche plus ailleurs, la réponse est Girot Hélas, si certains suivirent ses conseils pour améliorer leur dessin, d'autres ne l'écoutèrent guère pour poser leurs couleurs. Aussi René GIROT se vit contraint de réaliser lui-même quelques tableaux comme " Lajocondedenéolardevinci ", la " Tempetedegiorgione ", le " Calvairedenérovèse ". Rembrandt, Titien, Greco et Vermeer et Corot, Vous vous demandez tous comment nourrir la toile Un seul peintre le sait, il va lever le voile Retenez bien son nom, il s'agit de Girot. Plus tard, il signa la " Libertéguidantlepeupledeledacroix " , le " Bainturcdingues ", les " Nympheasdenomet ", et aussi le " Guernicadepissaco ".
Puis la peinture, obéissant à une pulsion de mort, crut sa propre disparition imminente et se complut dans son agonie, grâce au pathos de certaines personnes auto-autorisées. Laissant à d'autres la compagnie des conservateurs-trices de musées, des directeurs-trices de galeries, des critiques-quesses (enregistreuses), René GIROT travailla imperturbablement en solitaire et ne fit rien-ou très peu-pour gravir les marches qui auraient pu lui permettre d'accéder éventuellement au Pinacle. Superbement ignoré des instances officielles, totalement absent des frac, des fnac, des fiac, fric et froc, il continua à mettre de la couleur sur de la toile-ou du papier-dans son atelier, au fond de son jardin. Un jour, dans cette belle harmonie qu'était sa vie, il entendit des grincements : c'était la Camarde et la Parque qui jouaient à qui s'occuperait la première de lui, l'une aiguisant sa faux et l'autre ses ciseaux. Comprenant qu'un voyage important s'annonçait, il brûla toutes les toiles qu'il lui restait, ce qui eut pour effet immédiat de lui donner un peu de chaleur et lui permit d'espérer qu'ainsi ses héritiers ne seraient pas encombrés de choses inutiles. Il mourut (sauce aux câpres) l'avant-veille du surlendemain du jour de son décès et, ayant toujours pratiqué une cuisine sans oignons, peu de gens le pleurèrent. Voici venu le temps où tricotant des jambes René Girot s'en va vers un monde meilleur Ses fantômes et lui marchent ensemble à l'amble Que l'inconnu pour lui soit un paisible ailleurs.
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